Métaphore
L’ensemble de mes créations est basé sur la métaphore.
Flamingo
Ici le flamand rose fluo symbolise la lutte contre le sida dans les années 1980. Le bébé chute mais il reste vivant.
Et, il se relèvera. J’aime à présenter deux sentiments contraires dans une toile. ici, espoir et crainte. Accentuation de la chute par la toile verticale, et la couleur rageuse rose fluo.
Flamingo est né lors d’une soirée face à la mer apaisante dans la Hague, au bout du monde, avec une belle rencontre entre graffeurs venus de loin, saltos arrières, loin des rives de la ville et de sa colère.
Dead dream
L’Amérique n’est plus une jeune nation, là plus de bébé mais un enfant. L’enfant peut encore grandir donc il représente l’espoir. Le rêve Américain s’écroule encore, état par état, pour les minorités symbolisées par la communauté noire.
Ici, deux sentiments présents: l’espoir représenté par l’enfant, et la chute symbolisée par les étoiles.
Au sol gisent les feuilles de marijuana, consolation dramatique pour les exclus de ce rêve irréalisable.
Qui peut croire que les rêves peuvent se réaliser, ailleurs que dans les rêves ?
Défloraison
Le bébé interpelle l’homme sur le réchauffement climatique.
Son regard est mon «cri», référence à Munch.
Le tournesol, fleur symbole, supportant pourtant la chaleur brûlante, est fané.
Hommage à Kiefer.
Espèces menacées
Cette toile exprime la nécessaire recherche d’un équilibre entre toutes les espèces vivant sur terre. Elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre et pourtant cet équilibre est menacé. Plus notre regard se déplace vers la droite de la toile, plus l’avenir s’assombrit. L’encre sanguine symbolise la souffrance. Elle trace le contour d’une tâche blanche originelle. Cette blancheur est la source de notre vie mais par contraste pointe du doigt l’état dégradé de l’humanité. La souillure de la neige est héréditaire et se transmettre aux générations à venir. Le bébé symbole d’impuissance, de faiblesse, et aussi porteur d’espoir car il lui reste à grandir. Le questionnement sur notre avenir proche reste posé.
La Mère à l’enfant sauvage.
Souvent je m’allonge sur l’herbe, les paumes à plat, tous mes sens en éveil, pour essayer de capter la terre, me sentir contre elle. Et je m’imagine m’enfonçant le plus possible, être née de la terre et retourner à elle. J’ai voulu traduire cela dans mon travail. La gorille entoure de ses bras maternels l’enfant sauvage me représentant, elle me recueille et m’apaise. Sans elle je ne pourrais vivre. Elle protège chaque être fragile, le nourrit de sa poitrine féconde, et en l’allaitant, elle nous montre au travers de son sourire, qui dit-on est pourtant le propre de l’homme, le plaisir sexué qu’elle éprouve. Femme et femelle, elle est d’abord mère. Elle donne la vie et protège loin des hypocrisies violentes du monde dit «civilisé». Cette toile, sur support de lin brut évoquant la rudesse des murs des cavernes sur lesquels nos ancêtres préhistoriques peignaient leurs fresques, nous rappelle que les hommes ne doivent jamais oublier que c’est la nature, symbolisée par la mère gorille, qui nous a donné la vie et nous permet de vivre.
L’Amour endormi à Lampedusa
L’Amour s’est endormi sur l’île de lampedusa. Cette île où débarquent, sans fin, des milliers de réfugiés fuyant leur pays en guerre. La toile se réfère à l’Amour endormi du Caravage conservé au Palais Pitti de Florence, et exposé en 2016 à Paris, au musée Jacquemart-André. Ce bébé, métaphore de l’être humain et symbole d’un monde d’espoir à venir, n’atteindra jamais la « terre promise», l’île de Lampedusa, comme s’il ne pouvait trouver sécurité qu’au fond de la mer, dans la mort. Son gilet de sauvetage, omniprésent dans notre imagerie collective nourrie de tant de reportages, n’est plus ici qu’un objet dérisoire et inutile de survie. La toile tout en longueur, la technique de lavis et la couleur orange visent à accentuer la chute de l’enfant dans le gouffre de la mer. Cette toile ne se veut pas leçon de morale, juste un triste constat.
L’instant d’Avant
Cette toile se situe juste à l’instant d’avant l’acte odieux que l’aigle va commettre. Elle fait référence à la chanson de Barbara l’Aigle noir, cet oiseau de proie symbole du violeur. Le bec noir centré au milieu de la toile pointe le message essentiel. Le bébé prend à témoin le spectateur, il le regarde comme le font les bébés dans les toiles des peintres de la Renaissance. Cet enfant est étonnamment calme, il semble presque résigné. Mais durant cette fraction de seconde, juste avant que tout bascule, durant ce bref instant où tout est encore possible, il nous interpelle dans un ultime espoir.
Quand la fragilité embrasse la puissance.
Fragilité et puissance ne sont pas contradictoires. Leur alliance peut même les mener très loin. Comme dans cette toile où un bébé chevauche un taureau qui bondit dans l’expression de toute sa puissance vers un but que, sans son fragile guide, il ne pourrait atteindre.
Cordages
C’est ainsi que j’utilise Les cordages comme signes des liens entre les hommes, et comme symbole de notre peur de devenir prisonnier de cette vie, mais aussi de nos espoirs. Sur mes toiles je travaille avec de la laque accentuant ainsi le contraste visuel avec la matière rêche des cordages.
Comme sur la toile du net à l’heure de l’information immédiate, ou au travers des routes qui traversent le monde depuis des siècles et conduisent les hommes les uns vers les autres dans une sorte de mouvement circulaire sans fin, les habitants du monde sont reliés et liés entre eux, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils se rejoignent ou se rejettent. Entre méfiance et séduction, je veux croire que nous pouvons tous trouver un équilibre.
Mon tableau, le Dernier baiser représente la mort, en ce qu’elle peut paraître parfois tentatrice, sous les traits d’une femme sensuelle. Elle séduit sa proie, laquelle se laisse prendre avec délice.
Métaphore aussi de l’enfant devenant femme, vêtue de sa jupe de cordages, de l’enfance confrontée bientôt à l’amour charnel sous les symboles du lapin et du cochon rose. L’enfant sous la double apparence d’une Menine et d’une Venus sortant des eaux.
La série des Bébés est une métaphore de notre société. J’ai choisi pour ces toiles de travailler avec une peinture métallisée, mais aussi sur du lin brut à la manière des premières fresques peintes par nos ancêtres de la Préhistoire, c’est ma façon de reconstruire le monde depuis ses origines. Sur chacune des toiles un seul bébé garde les yeux ouverts, il représente le savant, le philosophe… Celui qui sait, que nous devrions écouter. Il est souriant et se montre bienveillant envers les autres avec le désir de leur ouvrir les yeux afin qu’ils regardent vers le futur. Chacune des toiles suivantes de cette série compte un bébé supplémentaire évoquant ainsi un repeuplement idéal.
Deux autres toiles illustrent l’équilibre qui peut exister entre les êtres. Les toiles sont dans cet esprit conçues pour être retournées dans tous les sens, sans que leur équilibre paraisse modifié.
Foules
La série Foule, hommage au caractère unique de chaque individu, évoque l’idée que l’homme reste toujours libre et peut se montrer, s’il en a la volonté, plus fort que la foule. Cette série est traitée sur des planches de bois brut sur une hauteur de 2,50 m, dans une sorte de puzzle ou chaque pièce peut être retournée ou échangée par une autre.
Cordages et Eau
Mon travail alliant cordages et eau représente ma vision déformée du monde à travers mon œil, un peu à la manière de Proust dont le narrateur de la Recherche du temps perdu nous retransmet via son narrateur sa vision subjective du monde.
Quant aux les Splashs, ils symbolisent le besoin de libération sensuelle et artistique lié à la création, un besoin vital d’exploser pour se sentir vivant, et que je ressentirai tant que je tiendrai un pinceau dans mes mains.